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Information Ile de France

IN MEMORIAM 

 

Général Maurice FAIVRE

 

 Gal Faivre LEcho Républicain Red
Photo L'Echo Républicain

Le Général de Brigade Maurice Faivre est décédé, le 4 novembre 2020, dans sa 95° année, des suites de la Covid-19.

Né le 19 mars 1926 à Morteau (Doubs). Issu d'une famille très catholique et patriote, il s'engage, dès l'adolescence, dans le scoutisme et participe, aux côtés de son père, à la Résistance.  Adulte, il choisit d'embrasser une carrière militaire et intègre l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr dont il sort major de la promotion Rhin & Danube (1946-49).
 A sa sortie, il choisit l'Arme blindée cavalerie et passe une année en Ecole d'application à Saumur avant d'être affecté, à sa demande, à la Légion Etrangère au 2° Régiment Etranger de Cavalerie en garnison à Oujda (Maroc).
Il est confronté à la guerre d'Algérie au cours de deux séjours: le premier de 1955 à 1957 et le deuxième de 1960 à 1962.
Au cours du premier, il participe à des opérations d'envergure, notamment en 1957 dans le Constantinois où, avec l'aide de l'aviation, son unité détruira une katiba.
Le deuxième fut très différent. Affecté en Petite Kabylie, sa mission était orientée vers la pacification au sein de 3 villages organisés en autodéfense. Il sera amené à recruter et armer une centaine de harkis. Ainsi vont se nouer des liens particuliers avec cette communauté qu'il va retrouver, plus tard, en France et notamment à Evreux.
Avec l'aide de sa femme, Monique, formée à l'action sociale, qu'il avait fait venir de métropole, ils s'occuperont respectivement des femmes et des hommes.
Malheureusement, en sept 1961, l'évacuation de l'Algérie devenant une réalité, son régiment est dissous et il est affecté au 2° Bureau à Alger, perdant tout contact avec ses harkis.
Ce n'est que rentré en France, fin 1963, qu'il reçut un appel téléphonique de la Préfecture l'informant que des harkis, vivant à Choisy-le-Roi, se réclamaient du Cap Faivre. Se rendant sur place, il constata la vétusté de leurs conditions de vie. Un élément chanceux devait alors survenir: le maire de Dreux fit savoir que sa commune disposait de logements et d'embauches possibles. Tous les harkis de Maurice Faivre furent alors transférés à Dreux et installés dans des logements salubres de la Sonacotra. Il s'occupa ensuite de faire du regroupement familial et parvint à rapatrier 52 personnes. Il ne les abandonnera jamais et ne cessera de s'occuper de leur sort (familles et descendants) jusqu'à sa dernière apparition à Dreux, le 25 sept 2017, lors de la cérémonie annuelle d'hommage aux harkis.
Fin 1962, la guerre d'Algérie terminée, le Cdt Faivre est affecté à la 2° Brigade Blindée (héritière de la fameuse 2° DB) sous les ordres du Gal de Boissieu, gendre du Gal de Gaulle.
Il va préparer l'Ecole Supérieure de Guerre où il est stagiaire de 1964 à 66. Breveté, il est affecté à la division Renseignements de l'EM des Armées.

 Survient alors l'opportunité de servir dans les troupes aéroportées et il se retrouve, à 40 ans, parachutiste et Cdt en second du 1° RHP à Tarbes. Quelques années plus tard, il prend le commandement du 13° régiment de dragons parachutistes en garnison à Dieuze (Moselle).
En 1975, il est nommé chef du 2° Bureau à Baden au II° corps d'armée. C'est à partir de là ( même s'il avait déjà, en 1962, été chargé de "suivre" les Wilayas du FLN) qu'il s'est passionné pour le renseignement, appliqué notamment sur la RDA et la Tchécoslovaquie.
Il avait à sa disposition des outils de recherches électroniques puissants, dont une radiogoniométrie localisant les divisions soviétiques et jusqu'à  6 centres de recherches destinés à l'espionnage.
Du renseignement à l'Histoire, il n'y avait qu'un pas que le Gal Faivre a franchi, dès la fin de ses engagements militaires, avec beaucoup de succès. Il nous laisse (entre 1988 et 2009) une biographie très riche, principalement  sur la guerre d'Algérie et le Renseignement durant la "guerre froide".
Après avoir quitté l'armée, il avait complété ses études par un DEA de Politique de défense (Strasbourg 1981) et un Doctorat de sciences politiques (Sorbonne 1986).

Commandeur de la Légion d'honneur, le Gal Maurice Faivre était membre de la section Ile-de-France des DPLV.
Il a été Vice-Pdt de la Commission française d'histoire militaire (1999) et membre de l'Académie des sciences d'outre-mer (2002).
Il avait témoigné, en 2003, en faveur de notre Président d'honneur, le Général d'Armée (2S) Maurice Schmitt, lors du procès qui lui avait été intenté par un appelé du contingent en Algérie, suite au débat télévisé (émission Culture et dépendance) consécutif à la projection sur FR3, le 6 mars 2002, du reportage L'ennemi intime.
(Voir le livre "Deuxième bataille d'Alger - 2002 / 2007 – la bataille judiciaire" par le Général Maurice Schmitt - L'Harmattant 2008)

Plus récemment, à partir de 2015, il avait fait partie, en tant qu'historien, du GRFDA (Groupe de Recherches des Français  Disparus en Algérie).
  
Décédé le 4 novembre 2020 à Paris (16°) en toute discrétion, une cérémonie religieuse a eu lieu en la chapelle St Louis de l'Ecole Militaire (Paris 7°), dans la plus stricte intimité, compte tenu des circonstances sanitaires.
 L'inhumation a eu lieu, le 9 novembre, au cimetière des Marneaux  à Pontarlier (Doubs).

Michel TÉNETTE – Président de la section Ile-de-France


Adieu à Raymond MOCAËR

Ancien Déporté Résistant

 

Mocaer expo 14 18 2009

 

 Raymond MOCAËR, ancien Résistant, déporté à l'âge de 16 ans, est décédé le 7 janvier dernier dans sa 94° année, après presque 2 ans passés dans l'EHPAD "La Source" de Viroflay (78).
Ses obsèques ont été célébrées le 19 janvier en l'Eglise ND du Chêne de Viroflay, en présence de nombreuses personnalités administratives et du monde Anciens Combattants.
Onze (11) drapeaux lui rendaient hommage dont celui des DPLV fièrement porté par notre ami Gérard Kohn. 
Le Président DPLV Ile-de-France l'avait fait adhérer à notre association en 2018, après sa promotion de Commandeur de la Légion d'honneur.
Ses cendres reposent au cimetière des Gonards de Versailles.

ELOGE prononcé par Michel TÉNETTE

 

              Raymond Mocaer Obsèques 19Janvier 2021 50 red

 

 Mon Cher Raymond,

Pour t'avoir bien connu et côtoyé, en milieu associatif d'abord, puis en milieu privé, je pourrais retracer ta vie assez fidèlement, mais il revient à tes proches de s'exprimer sur ton parcours familial.
C'est donc ta biographie de résistant pendant la 2° guerre mondiale et de ton engagement, par la suite, dans la défense des causes patriotiques, que je vais tenter de retracer.
Je le fais avec d'autant plus de vérité que j'ai, à ta demande, participé de près et avec beaucoup d'intérêt  à la réalisation de ton livre-mémoires "Un drôle de Destin", publié en 2018, cet ouvrage que tu voulais laisser avant de nous quitter, comme une sorte de témoignage pour ta famille, tes amis et surtout les jeunes générations pour lesquelles, hélas, les livres d'Histoire actuels sont loin de les informer objectivement sur notre passé.
A l'âge de 11 ans, arrivé de ta Bretagne profonde à Versailles, en 1938, où tes parents t'avaient précédé (tu leur seras reconnaissant de t'avoir ainsi émancipé), tu vas connaître les affres de l'occupation à partir de 1940. Tu ne supporteras pas de voir le drapeau à croix gammée flotter sur le château de Versailles.
A 16 ans, tu t'engages dans le réseau des FTPF de Versailles. Tu ne le savais pas mais il aurait mieux valu en choisir un autre car tu seras, par la suite, taxé de communiste et cette étiquette ne favorisera pas tes promotions, notamment en matière de décorations.
Un soir de décembre 1943, avec ton chef de réseau, en poste à la Pièce d'eau des Suisses, vous assommez 2 soldats allemands qui rejoignaient le camp des Mortemets et les détroussez de leurs armes. C'est ton premier acte d'héroïsme.
Plusieurs missions diverses, au sein de la Résistance, vont se succéder dont la distribution clandestine de tracts et du journal Franc-Tireur dans les boîtes aux lettres.  
C'est à la suite d'une attaque du Centre de Propagande Allemande, passage St Pierre, au cours de laquelle tu fus amené à riposter aux tirs d'une patrouille que, probablement sur dénonciation, tu fus arrêté à ton domicile le lendemain matin. Transféré au poste de Police, puis à la Feldkommandantur, ton dossier, jugé grave, t'envoie au siège de la Gestapo à Maisons-Laffitte. Interrogatoires musclés et tortures te laissent, au bout du 4° jour, avec 2 côtes cassées et des dents en moins.
 Le 7 mai 44, tu es transféré à la prison militaire du Cherche-Midi, lieu de détention provisoire avant condamnation à mort ou déportation.
Le 30 mai, tu connais enfin ton sort: transfert au camp d'internement de Compiègne-Royallieu, camp de transit avant la déportation vers les camps de concentration. Tu y séjourneras seulement 4 jours, plutôt dans de bonnes conditions.
Le 4 juin, embarquement dans des wagons à bestiaux, à 120 par wagon (ces wagons dont une plaque précisait la capacité: 40 hommes ou 8 chevaux !), sous les hurlements et les coups de matraques des SS.
Arrivée, le 7 juin, au camp de Neuengamme, après un transport que tu qualifies d'abominable, au cours duquel tu as vu mourir des gens de soif ou asphyxiés, des gens boire leur urine, des gens devenir fous…
Tu vas y rester un mois, principalement occupé à des travaux forcés.
Le 6 juillet, départ pour le camp de Sachsenhausen et, le lendemain, au Commando Klinker, l'un des camps réputé parmi les plus durs. C'est là que tu vas revêtir le costume rayé des déportés avec le triangle rouge marqué F (interné politique français) et ton n° matricule 84781.
Tu vas fêter (si l'on peut dire) tes 17 ans au sein du Kommando Kinkler avec quand même la chance d'être affecté au block 6, celui des "dignitaires" mais la malchance d'être le seul Français. Tu ne seras pas privilégié car affecté dans une colonne de travail disciplinaire, le commando NN (Nuit & Brouillard). Des travaux extrêmement pénibles (manipulations de sacs de ciment, poseurs de rails de chemins de fer, terrassements et transports par wagonnets, tout cela, bien sûr, sous la bienveillance des SS ou des Kapos.
Tu participeras même au transport des morts du camp soviétique vers la station Z constituée de fosses d'exécutions, de chambres à gaz et de fours crématoires.
Tu résisteras à tous ces efforts surhumains et vaincras la faim et le froid qui emportèrent nombre de tes camarades d'infortune.
Enfin, le 10 avril 1945, un bombardement allié par vagues successives sur le camp, provoqua la mort de nombreux de tes camarades, dans des conditions atroces, et tu ne dus ta survie qu'à ton esprit de conservation qui t'incita à te réfugier sous un autre abri.
Le 20 avril, le camp est évacué devant l'arrivée des Russes. S'en suit une "Marche de la mort" qui va durer 12 jours, au cours de laquelle la colonne essuiera le feu des attaques aériennes croisées russes et alliées. 

 Le matin suivant, tu as la surprise de t'éveiller en liberté, sans garde SS, et d'apercevoir une Jeep américaine escortée par 2 cavaliers russes. C'est la jonction Alliés-Russes et le début de la libération des camps.
Après les formalités militaires et sanitaires, le 10 mai, un camion GMC américain te conduira, pendant 6 jours et dans des conditions peu confortables, à Schwerin (région de Hambourg) pour prendre le train jusqu'à Bruxelles où tu es accueilli par un couple comme si tu faisais partie de leur famille. Tu réalises seulement que tu es enfin libre !
Le 18 mai, arrivée à Valenciennes. C'est là que, regagnant ta chambre, tu entendis un phonographe jouer La Marseillaise. Ce moment restera pour toi inoubliable et tu avoueras, plus tard, que lors de toutes les cérémonies patriotiques auxquelles tu as participé (et elles furent nombreuses) l'écoute de notre hymne national te ramenait à Valenciennes.
Le 21 mai, arrivée à Paris-Hôtel Lutetia pour les formalités de rapatriement, puis retour définitif en famille à Versailles.
 Ton passé, tes sentiments patriotiques et aussi ton caractère bien trempé te destinaient, tout naturellement, à t'investir dans des associations pour défendre les droits des Anciens Combattants  et faire bénéficier les jeunes de ton expérience vécue.
C'est ainsi que tu as participé, pendant plusieurs années, au jury du concours national de la Résistance et de la Déportation, à la transmission du devoir de Mémoire en témoignant régulièrement dans les collèges et lycées, à la demande de l'Education nationale ou du Souvenir Français (par ex avec moi pour Viroflay ou Gaston Caillaux pour Versailles).
Et pendant ton mandat de 15 ans à la Présidence du Comité d'Entente des Associations d'ACVG et Militaires de Versailles, tu auras l'occasion de te mettre en valeur dans l'organisation des cérémonies patriotiques municipales et dans l'organisation et la gestion d'expositions dont certaines ont fait l'objet de brochures historiques de référence comme la commémoration du 80° anniversaire de 1918, le 50° anniversaire du Débarquement de 1944 et, en 1988, sur la Résistance & la Déportation.
 C'est au cours de ces travaux que tu fis la connaissance d'André Damien, Maire de Versailles et Conseiller d'Etat. Tu avais beaucoup de considération à son égard et tu lui demandas, en 1989, de te faire l'honneur de te remettre la croix d'officier de la Légion d'honneur. 

Je t'avais rencontré, début 90, à l'Académie Royale de Billard de Versailles où nous pratiquions ce sport, puis à d'autres occasions à Viroflay. Plus récemment, tu m'as demandé, en 2010, de t'épauler à la tête de l'Amicale des Mutilés, association que tu avais intégrée en 1959 et pour laquelle, parmi toutes celles auxquelles tu avais appartenu, tu avais une préférence. Je t'y ai succédé à sa présidence en 2015 et il te revient, aujourd'hui, d'en être le Président d'Honneur.
 Tous nos adhérents de l'Amicale des Mutilés et aussi toutes celles et ceux des autres associations qui t'ont côtoyé sont dans la peine. Ils ne t'oublieront pas, ils n'oublieront pas tout ce que tu as fait pour le monde associatif et patriotique.
Personnellement, j'ai beaucoup regretté de ne plus pouvoir aller te rendre régulièrement visite en EHPAD après les interdictions et recommandations sanitaires de cette année 2020 maudite.
 C'était un plaisir pour Monique et moi de constater combien notre visite te rendait souriant et détendu, y compris quelquefois en dépit de traitements douloureux.
Que Jeannine, vos enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants acceptent nos condoléances attristées, en mon nom personnel et en celui de tes amis du monde associatif. 

Adieu Raymond et, de là-haut, Kenavo !

Michel TÉNETTE
Pdt National Amicale des Mutilés
                             Crédits photos:    J. Postel pour Toutes les Nouvelles de Versailles

Raymond Mocaer Obsèques 19Janvier 2021 81 red

 Le drapeau DPLV porté par Gérard Kohn

Raymond MOCAËR était:

Commandeur de la Légion d'honneur
Médaillé militaire
Croix de guerre 39-45 avec palme
Croix du CV de la Résistance
Médaillé des Blessés de Guerre
Chevalier des Palmes académiques
Médaillé d'Or de l'ONACVG
Médaillé d'Or de la Jeunesse & Sports
Médaillé d'Or de la Ville de Versailles
Médaillé d'Honneur des Veterans of Foreign Wars of the United States

Il avait publié ses Mémoires en 2018

 

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