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Information Métropole Lyon

 

 

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 Le 23 septembre 2018

 

L'érudit Henri ADAMINI, Commandeur de la Légion d'Honneur, webmaster de la Section Métropole de Lyon, a récolté de ses lectures, deux textes originaux sur la Légion d'Honneur.

L'un, appartient à un recueil d'élégies nationales édité en 1827. Il a été écrit par Gérard de Nerval. Sa beauté est étincelante comme l'étoile qu'il magnifie. L'autre, contemporain, d'inspiration plus cabotine, est signé Georges Brassens. Pris au second degré, il est aussi un bel hommage à la "Croix".

Nous ne résistons pas à les porter en deux temps à votre connaissance.

N.B. : La chanson de G. Brassen étant posthume, son interprétation par Maxime LeTellier est audible sur « YouTube ».

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Gérard de Nerval (1808-1855) À L'ÉTOILE DE LA LÉGION D'HONNEUR.
Imitée de L. Byron.
I.
Toi qui répandis tant de gloire
Sur les vivants et sur les morts,
Phare éclatant de la victoire,
Qui longtemps brûlas sur nos bords,
Aux feux de ta vive lumière,
L'homme se rendait immortel !
Pourquoi retomber sur la terre
Quand ton séjour était le ciel ?
II.
Des héros morts les nobles âmes
Formaient ta céleste clarté ;
Au sein de tes rayons de flammes
Étincelait l'éternité :
Fatal à l'orgueil des royaumes,
Ton météore audacieux,
Aux regards effrayés des hommes,
Parut comme un volcan des cieux !
III.
Le sang que tu faisais répandre
Aux jours terribles des combats,
Roulait sur la funèbre cendre
Des cités que tu dévoras :
Partout où surgit ta lumière,
Le sol en ses flancs palpita,
Le soleil quitta l'hémisphère,
Et longtemps la foudre éclata.

IV.
Messager de ta course ardente,
Un arc-en-ciel te précédait ;
Toujours son écharpe éclatante
De trois couleurs se composait :
Elles n'ont point été ternies
Par l'Envie au souffle empesté ;
Car elles brillaient réunies,
Sous la main de la Liberté.


V.
La première était empruntée
À l'éclat des célestes feux ;
Une autre à la lune argentée ;
La troisième à l'azur des cieux :
Nobles couleurs !... Céleste emblème !...
Qui souvent aux yeux des mortels
Paraît, comme un songe qu'on aime,
Et qui vient des lieux éternels !


VI.
Astre pur ! étoile des braves !
Tu tombas au jour des revers ;
Et bientôt des peuples esclaves,
La chaîne enceindra l'univers ;
Car, depuis ta chute profonde,
Notre vie est un poids impur,
Et le destin promis au monde,
Pâlit dans un lointain obscur.


VII.
La liberté, loin des esclaves,
S'assied sur de nobles tombeaux ;
Le trépas est grand pour les braves
Qui succombent sous ses drapeaux.
Liberté ! dans nos jours moins sombres,
Puissions-nous voir briller la loi...
Ou rejoindre les nobles ombres
Des guerriers qui sont morts pour toi !

La légion d’Honneur, posthume de Brassens, interprétée par Maxime LeForestier

Tous les Brummel, les dandys, les gandins,

Il les considérait avec dédain

Faisant peu cas de l’élégance il s’ha-

Billait toujours au déchrochez-moi ça

Au combat, pour s’en servir de liquette,

Sous un déluge d’obus, de roquettes,

Il conquit un oriflamme teuton.

Mais il perdit le privilège de

S’aller vêtir à la six-quatre-deux,

D’avoir des faux plis, des trous à ses bas,

De mettre un ruban sur la salopette.

La légion d’honneur ça pardonne pas.

 

L’âme du bon feu maistre Jehan Cotart

Se réincarnait chez ce vieux fêtard.

Tenter de l’empêcher de boire un pot

C’était ni plus ni moins risquer sa peau.

Un soir d’intempérance, à son insu,

Il éteignit en pissotant dessus

Un simple commencement d’incendie.

On lui flanqua le mérite, pardi !

Depuis que n’est plus vierge son revers,

Il s’interdit de marcher de travers,

Car ça la fout mal d’se rendre dans les vignes,

Dites du seigneur, faire des faux pas

Quand on est marqué du fatal insigne.

La légion d’honneur ça pardonne pas.

 

Grand poleteur de fesses convaincu,

Passé maître en l’art de la main au cul,

Son dada c’était que la femme eut le

Bas de son dos tout parsemé de bleus.

En vue de la palper d’un geste obscène,

Il a plongé pour sauver de la Seine

Une donzelle en train de se noyer,

Dame ! aussi sec on vous a médaillé.

Ce petit hochet à la boutonnière

Vous le condamne à de bonnes manières.

Car ca la fout mal avec la rosette,

De tâter, flatter, des filles les appas

La louches au valseur, pas de ça Lisette !

La légion d’honneur ça pardonne pas.

 

Un brave auteur de chanson malotru

Avait une tendance à parler cru,

Bordel de dieu, con, pute, et cætera

Ornaient ses moindres tradéridéras.

Sa muse un soir d’un derrière distrait

Pondit, elle ne fit pas exprès,

Une rengaine sans gros mots dedans,

On vous le chamarra tambour battant.

Et maintenant qu’il porte cette croix,

Proférer : « Merdes », il n’en a plus le droit

Car ça la fout mal de mettre à ses lèvres

De grand commandeur des termes trop bas,

De chanter l’grand vicaire et les trois orfèvres.

La légion d’honneur ça pardonne pas.

  

 

  

 

That's all ! Dear Companions !

 See you soon.

  

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