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RÉSUMÉ DE LA CARRIERE DE DANIEL BOUWET

Daniel Bouwet

 

Né à Lambersart le 29 mars 1926, Daniel Bouwet entre en résistance en octobre 1943 et rejoint un maquis du sud-ouest dans la région de Cahors. Il participe avec ce dernier à quelques opérations de récupérations d’armes et de coups de mains divers. Il tente alors avec un camarade de franchir la frontière espagnole dans le but de rejoindre les Forces Françaises Libres. Ils sont arrêtés par les allemands et internés à la forteresse de Perpignan. Ils sont ensuite transférés au camp de transit de Compiègne. Le 14 décembre 1943, il est embarqué à bord d’un train de déportés en direction de l’Allemagne. Il parvient à s’évader du train entre Reims et Chalons. Après avoir été soigné de quelques blessures superficielles par des civils qui l’ont recueilli, il rejoint la région lilloise et intègre un réseau de FTP. Il participe alors à des opérations de sabotage de matériels ferroviaires et navigables qui vont lui valoir sa première citation à l’ordre de la France combattante pour son action durant les opérations des 28 et 30 janvier 1944. C’est ensuite l’attaque rocambolesque de la prison de Loos dans la nuit du 5 au 6 février 1944 où il va encore se distinguer.

Le 31 mai 1944, Daniel est arrêté par la Gestapo. Incarcéré à la prison de Loos, il est interrogé et torturé de nombreuses fois par la gestapo de la Madeleine. Il résiste aux tortures et ne parle pas. Le 28 juillet 1944, il est traduit devant un tribunal militaire allemand qui le condamne à mort. L’avance des troupes alliées va lui permettre d’échapper au peloton d’exécution. Embarqué dans le dernier train de Loos, il est déporté en Allemagne et va séjourner dans les camps de Sachsenhausen, Neuengamme et  Bergen Belsen. Libéré par les alliés le 15 avril 1945, il rentre à Lambersart diminué physiquement, il ne pèse plus qu’une trentaine de kilos. Sur 870 déportés du train de Loos, seuls 250 survécurent.

Trois mois après avoir quitté les camps nazis et avoir repris quelques forces, il décide de reprendre le combat.  Il s’engage dans l’infanterie coloniale pour combattre les Japonais en Extrême-Orient. Une nouvelle aventure commence. Il débarque à Saïgon le 4 novembre 1945 et se trouve affecté à une compagnie de réparation du matériel. Cette affectation ne convenant pas à son tempérament guerrier, il demande à être affecté dans une unité combattante. Il est alors affecté à la demi-brigade de parachutistes SAS du colonel la Bollardière. Avec son unité, il participe d’abord à quelques opérations en Cochinchine, en particulier dans la Plaine des Joncs où sont tombés tant des nôtres. La situation se tendant au Tonkin, son unité reçoit pour mission de réoccuper l’aérodrome de Cat-Bi sur lequel elle est parachutée. C’est le premier saut opérationnel de Daniel qui n’est pas breveté parachutiste. Le 19 décembre 1945, c’est l’embrasement général : toutes les garnisons sont assaillies. La compagnie de Daniel se porte au secours de la garnison de Bac Ninh qui est isolée. La conduite au feu de Daniel lui vaut une citation à l’ordre de la brigade. C’est ensuite le dégagement de la garnison de Nam Dinh et le 2ème saut opérationnel de Daniel qui n’est toujours pas breveté. Cette fois ci, c’est une citation à l’ordre de l’Armée avec obtention de la médaille militaire au feu qui vient récompenser le soldat Bouwet. Son action a été déterminante pour le succès de l’opération. De retour à Hanoï, il participe aux très durs combats du dégagement du quartier sino-annamite. Il est alors nommé caporal. De retour en Cochinchine son unité opère en Plaine des Joncs. Daniel y effectue son 3ème saut opérationnel avant d’être enfin breveté parachutiste le 12 juillet 1947. Après quelques opérations mineures, Daniel est rapatrié pour fin de séjour le 23 novembre 1947.

Affecté au 1er BCCP de Saint Brieuc, il est volontaire pour un 2ème séjour en Indochine. Il embarque en unité constituée  sur le « Pasteur » et débarque à Saïgon le 8 décembre 1948. C’est alors une série d’opérations qui se succèdent. « Honorat » (1 et 2),  en Cochinchine, « Céramique » au Cambodge au cours de laquelle Daniel se blesse à la réception, « Joachim » suivie des opérations « Pastis » et « Eugène », de nouveau en Cochinchine. Le 17 juillet, son groupe de commandos accroche sérieusement dans la région de Ban Mé Thuot, en Sud Annam. Le 1er octobre, Daniel est nommé sergent. C’est maintenant une opération amphibie dans la région de Baria, puis l’opération « Lorraine ». En mars 1953, après un saut opérationnel sur la presqu’île de Hong Chong, c’est le Tonkin et les opérations « Méduse » (I et II) suivies de « Reptile ». Ces opérations se poursuivent en avril et mai 1951. En juin, le 1er BCCP rentre en Cochinchine. Daniel se porte alors volontaire pour participer à la formation du 1er bataillon de parachutistes vietnamiens  et rejoint cette unité en juillet 1951. Après quelques opérations en Cochinchine, début septembre, c’est l’opération « Pirate » : Daniel est parachuté sur l’île de Culao Ré au large de Tourane. Le bataillon est ensuite engagé au nord Vietnam pour dégager le poste de Phu Lao avant d’être parachuté dans le cadre de l’opération « Lotus », sur le point d’appui du Rocher Notre-Dame. C’est ensuite l’opération « Violette » pour nettoyer les pentes du Mont Bavi avant de se replier de Hoa Binh et de rentrer à Hanoï. A nouveau engagé dans le secteur de Thaï Binh, le commando de Daniel mène un combat jusqu’au corps à corps. C’est au cours de ce combat que Daniel se distingue une nouvelle fois et obtient une citation à l’ordre de la brigade. Le bataillon fait ensuite mouvement sur Saïgon et saute au nord de Tay-Ninh dans le cadre de l’opération « Chaumière ». Le 15 mai, c’est l’opération « Éole », dernier saut opérationnel pour Daniel qui est rapatrié pour fin de séjour le 25 juin 1952 par le S/S « Sagittaire ».

Affecté à son retour au centre de propagande parachutiste de Vannes, il va rayonner dans toute la France. Volontaire pour effectuer un 3ème séjour en Indochine, il rejoint Saïgon par voie aérienne où il débarque le 8 mai 1954, les larmes aux yeux en pensant à ses camarades : Diên Bien Phu vient de tomber ! Il est affecté au 1er bataillon de parachutistes coloniaux qui vient d’être reconstitué avec le reliquat du bataillon anéanti à Dien Bien Phu. Il participe aux ultimes combats dans la région de Ha-Dong, puis dans les environs de Hanoï avant d’être  mis à la disposition de la commission internationale chargée de mettre au point les modalités d’application des accords d’armistice. Le 1er août 1954, c’est le cessez-le-feu ; la commission se déplace à Tourane. Le 16 août 1955, Daniel est rapatrié sanitaire par voie aérienne pour une dysenterie amibienne persistante. Affecté à Bayonne au centre parachutiste, il y est nommé sergent-chef le 1er mars 1956.

Il demande alors à changer d’arme au bénéfice de l’Infanterie métropolitaine et se retrouve affecté au 43ème régiment d’infanterie de Lille. La vie de garnison ne lui convenant pas, il se porte volontaire pour servir en Algérie où il débarque le 20 janvier 1957. Affecté au 7ème régiment de tirailleurs algériens, il rejoint son unité à Batna, dans les Aurès. Il ne tarde pas à se distinguer : le 27 juin, à l’oued Tifrane, pris à partie par les rebelles, sa réaction lui vaut une citation à l’ordre de la brigade. Le 24 octobre 1958, lors d’une embuscade montée  dans le douar El-Ksour, son action personnelle cause à l’ennemi des pertes importantes et lui vaut une autre citation à l’ordre de la brigade. Les 4, 5 et 6 avril il se signale à nouveau lors d’opérations dans le djebel Chafez où 85 rebelles sont mis hors de combat. Cette fois, c’est une citation à l’ordre du Corps d’Armée qui lui est attribuée. Le 1er juillet, Daniel est nommé adjudant. Il se distingue à nouveau le 12 mai 1960 au Djebel Refaa au cours d’un violent accrochage, où, après avoir pris le commandement de deux sections, il bouscule l’adversaire qui se replie en désordre en abandonnant un nombreux armement. C’est une citation à l’ordre de l’Armée qui vient récompenser son action.

Daniel décide alors de faire valoir ses droits à retraite et quitte l’Algérie le 28 juillet 1960 après un séjour de 43 mois.


En résumé : Résistant à 17 ans - condamné à mort à 18 ans - déporté en Allemagne par le dernier train de Loos - séjour dans les camps de Sachsenhausen, Neuengamme et Bergen-Belsen - trois séjours en Indochine dans les paras coloniaux - un séjour en Algérie - Commandeur de la Légion d’Honneur - Médaillé Militaire au feu - dix citations avec Croix de Guerre - deux blessures de guerre - invalide de guerre à 100% + 113°

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